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Février 2006

Le CNE ne semble pas concerner les cadres

Six mois après l’entrée en vigueur du « Contrat Nouvelle Embauche » (ou CNE un contrat à durée indéterminée (CDI) réservé aux entreprises de moins de 20 salariés qui peut être rompu sans motif durant les deux premières années), le gouvernement évalue à 280 000 le nombre de CNE conclus depuis sa création. Quels sont les motifs des chefs d’entreprises et le profil des salariés embauchés sous ce nouveau statut ?

Selon une enquête réalisée (1) auprès des très petites entreprises (TPE, moins de 20 salariés).

71 % d’entre elles ayant recrutés sous CNE auraient recruté  sans ce dispositif. Pour un peu plus des deux tiers des emplois pourvus sous ce nouveau contrat de travail, il s’agissait d’un nouveau poste, tandis que le tiers restant l’a été pour pourvoir un poste vacant.

Pour les employeurs, le CNE permet d’embaucher sans prendre  de risque si l’activité ralentit (55% des personnes interrogées), de tester plus longtemps les  compétences du salarié (51%), d’éviter les contraintes du CDI et du CDD (respectivement 46% et  21%) et ils sont 90% à estimer qu’il est important de pouvoir tester plus longtemps les compétences d’un nouvel embauché.

Quels profils ont les salariés recrutés avec un CNE ? Toujours selon l’enquête, 78 % des embauchés sous le CNE ne sont pas titulaires du baccalauréat, ils sont majoritairement jeunes (71 % ont moins de 31 ans) et 36 % étaient au préalable soit demandeurs d’emploi, soit au RMI ou sans activité. 97% des personnes embauchées en CNE sont non-cadres.

88% des personnes recrutées avec un CNE font toujours partie des effectifs de l’entreprise. Parmi les 12% ayant  quitté l’entreprise, la rupture du contrat est intervenue dans 52% des cas à l’initiative du salarié  contre 44% à l’initiative du dirigeant. Selon le sondage, 43% des très petites entreprises affirment avoir l'intention de conserver leurs employés recrutés en CNE après la période de deux ans, 48% "ne savent pas" et 9% manifestent clairement leur envie de s'en séparer.

(1) : Enquête réalisée par l'IFOP (pour le compte de la société Fiducial spécialisée dans l'expertise comptable et financière) par téléphone entre le 23 et le 29 décembre 2005 auprès d'un échantillon de 300 dirigeants de TPE.


Laurent PARIS

 
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